Préparation aux catastrophes et Action Anticipatoire : la Croix-Rouge et la DG ECHO investissent dans l’anticipation à Mopti

À Mopti, la Croix-Rouge malienne, la DG ECHO et leurs partenaires ont officiellement lancé le projet de Préparation aux Catastrophes et d’Action Anticipatoire, qui cible 829 959 personnes dans six zones de la région face aux risques d’inondation.

Dans la région de Mopti, les inondations ne sont pas seulement un phénomène saisonnier. Elles peuvent, en quelques heures, provoquer des pertes humaines, détruire des récoltes, endommager des infrastructures et fragiliser durablement les moyens d’existence des ménages. Face à ces risques récurrents, agir avant la catastrophe devient une nécessité. C’est dans cette dynamique que s’inscrit le lancement institutionnel du projet de Préparation aux Catastrophes (Disaster Preparedness – DP) et d’Action Anticipatoire (AA) à Mopti, le 04 septembre 2026.

La cérémonie s’est tenue sous la présidence du Gouverneur de la région de Mopti. Elle a réuni les autorités administratives et locales, les services techniques déconcentrés de l’État, les collectivités territoriales, les agences du système des Nations Unies, les organisations humanitaires et de développement, les organisations de la société civile ainsi que les partenaires impliqués dans la mise en œuvre du projet.

Vue d’ensemble des participants à l’atelier de lancement du projet à Mopti
Autorités administratives et locales, services techniques, agences onusiennes, organisations humanitaires et société civile réunis pour le lancement du projet, Mopti, 04 septembre 2026.

Cette mobilisation institutionnelle traduit une conviction partagée : face aux catastrophes, la réponse ne peut plus commencer uniquement après l’impact. Elle doit se préparer en amont. Comme l’a souligné le Général de Brigade Daouda Dembélé, Gouverneur de la région, la prévention et l’anticipation constituent aujourd’hui des leviers essentiels pour protéger les populations exposées et limiter les conséquences des catastrophes. Il a également insisté sur la nécessité d’une mobilisation coordonnée de l’ensemble des acteurs autour des dispositifs de prévention, d’alerte et de préparation.

« Ce projet s’aligne sur les priorités du Gouvernement à travers la stratégie Nationale pour l’Émergence et le Développement Durable », a-t-il ajouté, avant d’inviter les services techniques, les collectivités territoriales, les organisations communautaires et l’ensemble des partenaires à renforcer la collaboration pour assurer une mise en œuvre harmonisée et efficace.

Le représentant du Maire de Mopti s’exprime lors de la cérémonie de lancement du projet
Le représentant du Maire de Mopti a salué une initiative plaçant les collectivités et les communautés au cœur des mécanismes de préparation et d’anticipation.

Le représentant du Maire de Mopti a, pour sa part, rappelé la vulnérabilité des communautés face aux effets des inondations et des chocs climatiques. Il a salué une initiative qui place les collectivités et les communautés au cœur des mécanismes de préparation et d’anticipation.

De la réaction à l’anticipation

Durant deux ans, avec le soutien financier de la Direction générale de la protection civile et des opérations d’aide humanitaire européennes (DG ECHO), dans le cadre du Partenariat Programmatique avec la Croix-Rouge danoise, le projet ambitionne de faire évoluer les pratiques : passer de la réaction à l’anticipation.

Pendant longtemps, la réponse humanitaire a principalement consisté à intervenir après la survenue d’un choc. Mais lorsque l’inondation atteint déjà les communautés, certaines pertes sont irréversibles : les récoltes sont détruites, les animaux peuvent être emportés, les biens sont endommagés. Des familles sont alors contraintes d’adopter des stratégies de survie qui fragilisent davantage leur résilience.

Un représentant de la Croix-Rouge malienne s’exprime lors de l’atelier de lancement du projet à Mopti
Le projet ambitionne de faire évoluer les pratiques humanitaires : passer de la réaction à l’anticipation.

L’Action Anticipatoire propose une autre approche

Utiliser les informations disponibles sur les risques pour agir avant l’impact : l’objectif n’est donc pas seulement de mieux prévoir les catastrophes, il s’agit surtout de faire en sorte que la prévision conduise à une décision et, surtout, à une action concrète. À Mopti, cela signifie notamment renforcer les systèmes d’alerte précoce communautaires, améliorer l’analyse des risques et permettre aux acteurs locaux de se préparer à des actions concrètes : évacuer à temps, mettre les biens en sécurité, protéger les animaux, assister les ménages les plus vulnérables avant que la situation ne se dégrade. C’est cette capacité d’action précoce que le projet entend renforcer.

Un coordonnateur de la Croix-Rouge malienne présente le concept de l’Action Anticipatoire lors de l’atelier de lancement à Mopti
Présentation des principes de l’Action Anticipatoire aux participants de l’atelier de lancement.

829 959 personnes au cœur de l’investissement

L’ampleur de l’initiative est significative : 829 959 personnes sont ciblées dans la région de Mopti. Le projet intervient dans six zones : Djenné, Sofara et Syn, pour la Croix-Rouge malienne ; Socoura, Sio et Kona, pour le Danish Refugee Council (DRC). L’ambition est de renforcer durablement les capacités des communautés, des communes et des collectivités territoriales.

Mieux analyser les risques, anticiper leurs conséquences

Améliorer la préparation et la réponse aux catastrophes naturelles et aux chocs climatiques : l’investissement porte donc autant sur les personnes que sur les systèmes qui doivent leur permettre d’agir à temps. Cette vision rejoint l’appel lancé par les autorités régionales en faveur d’une plus grande coordination entre les institutions, les services techniques, les collectivités et les organisations intervenant auprès des communautés.

Transformer l’information en décision

L’un des principaux enjeux du projet est de renforcer la chaîne qui relie la connaissance du risque à l’action. Une alerte, à elle seule, ne suffit pas : l’information doit parvenir aux personnes exposées, elle doit être comprise et, surtout, elle doit permettre de prendre une décision suffisamment tôt. C’est pourquoi le projet vise à renforcer les systèmes d’alerte précoce communautaires et à améliorer l’articulation entre les différents niveaux : national, régional, communal et communautaire.

Les autorités locales ont également insisté sur l’importance d’une implication active des collectivités dans cette chaîne. Car les communautés ne doivent pas être uniquement destinataires des alertes : elles doivent être actrices de l’analyse des risques et de leur propre préparation.

Un participant intervient lors des échanges de l’atelier de lancement du projet à Mopti
Les échanges avec les participants ont souligné l’importance d’une implication active des collectivités dans l’analyse et la transmission des alertes.

Capitaliser sur les acquis pour aller plus loin

L’initiative ne part pas de zéro. La Croix-Rouge malienne dispose déjà d’une expérience en matière d’Action Anticipatoire. Elle a notamment mis en place un Protocole d’Actions Précoces pour les inondations fluviales, validé par la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) en 2020 et activé en 2022.

Cet acquis constitue aujourd’hui un socle important. Il permettra de renforcer et d’élargir les mécanismes d’anticipation, tout en favorisant leur articulation avec les dispositifs des autres acteurs et les systèmes institutionnels existants. L’objectif est de passer progressivement d’initiatives isolées à des mécanismes coordonnés, interopérables et durablement ancrés dans les capacités nationales et locales — une ambition qui rejoint les préoccupations exprimées lors de la cérémonie de lancement : construire des réponses durables, coordonnées et adaptées aux réalités des territoires.

Un représentant de la Croix-Rouge malienne s’exprime à la table d’honneur de l’atelier de lancement à Mopti
Les échanges se sont poursuivis autour de l’articulation entre les mécanismes d’anticipation existants et le nouveau projet.

Un investissement dans la résilience

En soutenant cette initiative, la DG ECHO contribue à renforcer une approche dans laquelle la préparation et l’anticipation deviennent des composantes essentielles de l’action humanitaire. Le projet entend démontrer qu’investir avant la catastrophe peut réduire les pertes, protéger les moyens d’existence, préserver les acquis des ménages et renforcer la capacité des communautés à faire face aux chocs futurs. À Mopti, l’enjeu n’est donc plus seulement de répondre plus rapidement lorsque la catastrophe survient : il s’agit de construire la capacité d’agir suffisamment tôt pour que ses impacts soient moins lourds.

Portrait d’un représentant de la Croix-Rouge malienne lors de l’atelier de lancement du projet à Mopti

Anticiper, c’est transformer une information sur le risque en capacité d’action. C’est faire de la préparation un investissement durable dans la résilience des communautés.

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